Le blog de Néholys

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La lombalgie est un symptôme dont 70% des gens souffriront un jour. Ce n’est en effet pas une maladie. Le mot « algie » veut dire « douleur » donc la lombalgie veut dire littéralement douleur du bas du dos.

Les coûts directs et indirects imputés à l’entreprise sont importants puisque selon les études, de 10 à 23 % des lombalgies durent plus de trois mois.
Certains pays ont quantifiés des coûts entre 1 et 2% du PIB.

Les facteurs de lombalgies

Les principaux facteurs lombalgies aigues (durée inférieure à 3 mois et non récidivantes) sont sans surprise, les manutentions manuelles, les chutes, les expositions aux vibrations, les postures pénibles sous contraintes…. Ces affections touchent donc principalement les collaborateurs en production.
Mais qu’en est il de la secrétaire, du comptable, du développeur, bref de tous ces postes administratifs qui présentent des douleurs récurrentes du dos ?
Beaucoup d’entre eux, d’ailleurs n’osent pas le dire à leurs employeurs ou se plaindre face à des personnes qui ont un travail plus sollicitant physiquement. J’ai suivi de nombreuses personnes en cabinet présentant ce type de douleur. La recherche de l’origine de leurs symptômes était souvent un parcours du combattant.

L’origine est souvent multifactorielle mais seulement deux à trois critères maximums sont décisifs dans la genèse de la lombalgie et seront donc à traiter (le nombre de critères peuvent augmenter parfois de façon exponentielles par rapport aux années de symptômes).
Le piège tendu est de faire une généralité, ainsi il convient de prendre dès à présent des précautions quant à cet article. En effet, ce dernier a pour seul but de lancer des pistes de réflexion non exhaustives et de redonner, à chacun, le pouvoir  d’agir pour sa guérison en collaboration avec des médecins, thérapeutes et acteurs de l’entreprise.

Être informé sur notre symptôme et sa genèse est la première étape vers la réduction ou la suppression de celui-ci en permettant au patient-collaborateur d’être acteur. La dynamique de prévention santé est une affaire collective (dans le cadre du travail) et individuelle (dans la sphère privée).

Dans le cadre collectif de l’entreprise, outre les facteurs de risques précités à réduire ou à supprimer, il existe des facteurs de risques qui aboutissent à des lombalgies chroniques (c’est-à-dire récidivantes ou qui durent depuis plusieurs mois). On retrouve des risques auxquels les postes administratifs peuvent être également confrontés tels que des conditions de travail jugées mauvaises, du stress, une insatisfaction au travail, des contraintes psychosociales…

Nous reviendrons sur le pourquoi, ces facteurs peuvent agir sur l’augmentation et la chronicité de ces douleurs.

Pour comprendre pourquoi la position assise génère des lombalgies en dehors de phénomènes d’arthrose qui va dans très peu de cas être déterminant pour la population active (si tel était le cas, nombre de mes confrères kiné ou thérapeutes et moi-même saurions guérir l’arthrose… Cela n’exclue pas le fait que la personne peut présenter de l’arthrose parfois visible aux radios mais elle sera peu déterminante dans l’apparition des douleurs.), il appartient de comprendre ce qui se passe dans notre corps lorsque l’on maintient la position assise de façon prolongée et régulière.

L’ilio… quoi ?

Un muscle essentiel et connu des kinésithérapeutes et des ostéopathes situé dans cette zone est le muscle ilio-psoas. Il s’attache sur les vertèbres du bas du dos (12ème dorsal et des quatre vertèbres lombaires L1, L2, L3, L4 et le disque intervertébral L4-L5) et parcours vers l’avant l’intérieur du bassin (où se situent nos viscères et notamment le gros intestin) pour aller se terminer sur le haut et l’intérieur de l’os de la cuisse (le fémur).

En position assise, ce muscle est en position raccourcie ou « courte » c’est-à-dire que ses deux extrémités sur lesquelles il s’accroche sont rapprochées. Ainsi, pour les lombalgiques dont ce muscle est en cause vont être soulagés par la position couchée « en chien de fusil » (c’est-à-dire couché et recroquevillé sur le côté) et vont avoir une augmentation de la douleur lorsqu’il se relève de la position assise ou couchée. En effet, lors de cette action, le muscle ilio-psoas doit s’étirer ce qui provoque des douleurs et empêche souvent la personne de se redresser complètement en se tenant le dos avec le dos « penché » en avant.

Il est donc indispensable de vérifier ce muscle ilio-psoas et de le traiter. Le thérapeute vous donnera des exercices pour traiter entre autre ce muscle notamment par l’étirement doux et progressif pour éviter que la récidive.

Pourquoi ce muscle est il impliqué ?

Plusieurs lectures sont possibles et nous nous contenterons en premier lieu de l’impact de la position assise.

La position assise est délétère puisqu’elle place le muscle ilio-psoas en position raccourci qui peut perdre progressivement son élasticité. Imaginez-vous garder la position coude fléchi contre vous pendant 7h, qu’en sera-t-il quand vous souhaiterez à nouveau l’allonger ?

La position assise impacte également le transit intestinal et favorise la constipation. Ces déchets restent plus longtemps dans le gros intestin et peuvent déséquilibrer le système de réabsorption du gros intestin provoquant l’hypertonie du muscle. L’hygiène de vie est donc un élément essentiel à commencer par l’hygiène intestinale en prévenant la constipation par l’alimentation, l’hydratation voir les automassages du ventre et les techniques de respiration ventrale. La médecine chinoise met en relief cette relation entre le bas du dos et le gros intestin puisqu’elle situe un point clé du gros intestin au niveau de la dernière lombaire appelé « point shu du gros intestin ».

De plus en plus de personnes ayant des postes administratifs souhaitent prendre soin de leur santé et/ou de leur physique, appliquent leurs bonnes résolutions en se mettant à la course à pied. Quelle déception lorsqu’apparaissent les douleurs de dos en fin de journée au travail ou après la course alors qu’ils/elles commençaient à avoir de bonnes sensations !

Le muscle ilio-psoas est impliqué dans la flexion de la hanche il est donc fortement sollicité lors de la course à pied. Ainsi, « gonflé » à bloc par ce type de sport, celui-ci ne parvient plus à s’étirer pour retrouver sa longueur initiale. Mais parmi le nombre de personnes qui se mette à courir, peu vont s’étirer et encore peu de personnes penseront ou sauront étirer ce muscle.

L’impact du stress

Le stress va agir à différents niveaux. Il impacte la respiration qui au lieu de se faire au niveau ventrale grâce au muscle diaphragme va se faire au niveau thoracique générant des tensions générales du dos. Le diaphragme ne fait plus son rôle de massage naturel des viscères, notamment du gros intestin, dont nous avons vu les conséquences plus haut. De plus, le diaphragme ainsi bloqué va agir sur le muscle ilio-psoas par son attache sur ce dernier.

Les neurosciences nous expliquent également certaines tensions musculaires. Lors d’un stress important ou répété, le cerveau « archaïque » va enregistrer les paramètres de la situation stressante afin de pouvoir la repérer et agir si elle se représentait. Ainsi, lors de votre stress au travail répété, vous êtes assis et tous vos muscles se contractent (sécrétion d’adrénaline et de cortisol). Le cerveau archaïque a enregistré ces paramètres avec d’autres et l’associe à une situation stressante ainsi, même si la source de votre stress a disparu ou s’il est diminué, votre cerveau peut repérer suffisamment de paramètres de la situation stressante vécue et déclenchera la même intensité de réaction de stress pour un stimulus moins important.

La médecine chinoise associe aussi la tension musculaire et la raideur musculaire à des émotions comme la frustration et la colère ou encore le sentiment d’injustice ou d’insatisfaction. La lombalgie n’est pas donc uniquement issue d’un problème biomécanique et nécessite d’avoir une vision macro de la situation pour prévenir la récidive.

 

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