La guerre des talents en France

Et si la guerre des talents se gagnait pacifiquement ?

Il arrive qu’on soit bousculé par la rencontre fortuite entre différentes actualités. Récemment, emboîtant le pas du gouvernement, de nombreux journaux se sont intéressés aux travailleurs détachés en France, relevant par exemple dans Les Echos du 15 juin 2016 qu’ils étaient environ « 286 000 en France » et venaient occuper des postes non pourvus de « soudeurs, tuyauteurs ou chaudronniers ». L’industrie aurait donc du mal à recruter et former…

Dans le même temps je m’arrêtais sur un article un peu plus ancien du Figaro qui titrait « La Fuite des cerveaux : les Bac + 5 veulent quitter la France. » et notant que « 60% des étudiants se disent prêts à s’expatrier », se chiffre montant à 70% en classe prépa. Les entreprises françaises auraient donc du mal à garder leurs potentiels en France. 

Et où veulent-ils partir ces étudiants ? Eh bien le même article nous révèle que devant les Etats-Unis la destination préférée de nos étudiants est, reste et demeure le Canada. Ce qui faisait dire récemment à un stagiaire heureux de son expérience au sein de son service : « Ce que j’aime ici, c’est que vous êtes tous des Canadiens. ». Et son manager de lui demander : « Et pour toi, c’est quoi être un Canadien ? ». « Etre un Canadien, lui répond-il, c’est être cool au travail, ne pas se prendre la tête, se soucier de ses collègues et venir avec plaisir au boulot. » L’anecdote m’a été rapportée par un manager… Ça c’est du compliment !  

Mais en quoi le Canada est-il différent de la France ? Eh bien justement, me permettant un raccourci un peu rapide, je trouve une réponse dans un article du Monde du 25 mai 2016. On y apprend que le Canada a mis en place en 2009 une norme « Entreprise en Santé », certification délivrée à des entreprises qui travaillent sur l’amélioration des conditions de travail et d’équilibre professionnel en partant des items suivants : habitudes de vie, pratiques de conciliation travail/vie perso, pratiques de gestion (tournées vers les hommes), environnement de travail.

La voilà peut-être la piste et le remède à tous ces postes non pourvus et à tous ces départs, qu’ils soient peu, pas ou très qualifiés : regarder nos vrais atouts français, tourner nos organisations vers les hommes et développer une vraie culture de la qualité de vie au travail. Car peut-être est-ce simplement ce que cherchent les salariés de nos entreprises : le plaisir au travail ! 

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