Comprendre et prévenir le syndrome du Canal Carpien

Le syndrome du canal carpien est une pathologie courante et peut toucher à la fois des personnes à un poste administratif et des personnes sur chaîne de production.

Les maladies professionnelles augmentent chaque année et représente un double coût pour le salarié et l’entreprise, le syndrome du canal carpien représentait environs 40% des TMS reconnues en maladie professionnelle en 2003 (tableau 57).

Le syndrome du canal carpien est un risque important pour le salarié qui peut subir un arrêt entre 60 et  151 jours (90 jours en moyenne).

En effet, outre le fait que les symptômes sévissent majoritairement la nuit  les premiers temps risquant ainsi d’engendrer une fatigue en plus de douleurs importantes, le collaborateur subira une  perte de force musculaire à la préhension  avec  diminution plus ou moins importante également de la sensibilité des trois premiers doigts de la main.

Pour l’entreprise le coût est important, il est en moyenne  de 12 780 euros.

Parmi les nombreux facteurs prédisposant à ce syndrome tels que la ménopause ou les troubles de la thyroïde qui entrainent notamment une augmentation des liquides dans les tissus, la vibration, la répétitivité et les positions articulaires extrêmes favorisent l’apparition du syndrome de canal carpien. En effet, certaines gestuelles provoquent une hypersollicitation musculaire générant des micro lésions musculaires et tendineuses aboutissant à l’inflammation.

Pour comprendre les répercussions de cette inflammation, il est important de se représenter le canal carpien comme un conduit où passent un nerf et des gaines, elles-mêmes contenant un liquide dans lequel glissent les tendons fléchisseurs des doigts.

Lors de cette inflammation, le volume de liquide contenu à l’intérieur des gaines augmente. Étant donné, que le « conduit » du canal carpien n’est pas extensible, le nerf situé à côté de ces gaines dans le « conduit » est alors comprimé.

Canal Carpien

A noter que le choc direct sur le canal carpien pour enfoncer par exemple une pièce dans une autre provoque également la lésion par compression directe.

Cette compression est du même type que lorsque vous vous cognez l’arrière du coude sur le bord d’une chaise par exemple. Vous ressentez alors des fourmillements associés plus ou moins à une douleur en fonction de la force de la compression exercée sur le nerf appelé nerf ulnaire passant juste dans le petit « conduit » au niveau du coude.

Dans le traitement médical, on cherchera donc à diminuer cette inflammation (médicaments, infiltration, cryothérapie) et réduire la douleur ou sinon à stimuler ponctuellement les éléments de réparation, amenés par l’inflammation,  par le massage MTP ou par les ondes de choc.

En effet, l’inflammation est avant tout mise en place par l’organisme pour  amener sur le siège de la lésion les agents nécessaires à la réparation. Cependant, le repos s’avère primordial pour permettre le travail du corps parallèlement à une surveillance du niveau d’inflammation.

Pour les cas de canal carpien où la compression du nerf présente un risque de séquelles et une douleur importante, la chirurgie sera envisagée. Le but à court terme de la chirurgie est la diminution de la douleur et de la compression. Elle consiste donc à libérer le nerf.

Cependant, le collaborateur qui a moins mal, présente malgré tout une forte diminution de force (due à la compression nerveuse) et de mobilité du poignet par perte d’élasticité musculo-tendineuse.

Ce travail de récupération devra se poursuivre en douceur sans douleur.

Les solutions de prévention existent et visent principalement à la suppression des facteurs tels que les vibrations, les chocs directs, les gestuelles répétitives, les amplitudes extrêmes grâce à l’aménagement du poste, l’organisation du poste (introduire phase de repos, rotation de poste)…

Au-delà de cette prévention essentielle, la prévention consiste à entretenir la trophicité et l’élasticité des tissus musculaires et tendineux des muscles fléchisseurs des doigts particulièrement.

Dans ce cadre, l’éveil musculaire avant le travail permet d’entretenir la trophicité, souplesse musculaire. Les étirements des muscles fléchisseurs en douceur après l’effort participent à conserver l’intégrité tendineuse en permettant l’allongement musculaire.

Enfin, l’hygiène de vie concourt à fournir à l’organisme les éléments essentiels à son fonctionnement et notamment l’hydratation.

Enfin, la prévention des R.P.S. agit sur la diminution des T.M.S. Combien d’entre nous ont eu des douleurs d’épaule ou de dos apparues après une journée ou une semaine particulièrement stressante ?

C’est bien là où la médecine chinoise et la médecine occidentale se rencontrent. En effet, en acuponcture chinoise, des trajets appelés « méridiens » parcourent le corps et correspondent à des fonctions et des émotions qu’elles soient vécues au travail ou dans le cadre personnel. Le canal carpien est traversé par le méridien Maître Cœur sollicité dans les cas de stress ou de fortes émotions. On dit des personnes, présentant une problématique du trajet du Maître Cœur, qu’elles ont tendance « à prendre les choses à cœur »…

On comprendra alors aussi l’impact bénéfique dans ce cadre des techniques de respiration associée à l’éveil musculaire et aux étirements.

L’amélioration des conditions de travail et la culture de prévention santé collective et individuelle sont un tiercé gagnant des TMS.

Sources :

http://www.chu-rouen.fr/sfmt/autres/Canal_carpien_roquelaure.pdf
http://entreprises.carsat-aquitaine.fr/les-domaines-d-intervention-en-prevention-des-risques-professionnels/1078-troubles-musculo-squelettiques-tms.html

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